5to Congreso de Escritores del Caribe

Escribir (para, en, sobre) el Caribe

5-9 abril 2017 – MACTe Guadeloupe

El Vto Congreso de escritores del Caribe se prepara para desplegar su arquitectura en los cuatro primeros ladrillos fundadores, sellados en tierra de Guadalupe, entre 2008 y 2015.

Si la idea de un congreso de escritores no es única en sí misma, esta iniciativa Guadalupeña está marcada sin embargo por un sello innovador magnificando el espíritu caribeño que expresa emociones y pensamientos en todas sus sonoridades lingüísticas.

De hecho, en nuestro entorno natural, las singularidades culturales unen todo lo fragmentado. De repente, la memoria común del Caribe es una construcción progresiva que supera numerosos obstáculos a las reuniones, al movimiento de las producciones literarias y de las "palabras nuevas".

Por otra parte, las estrategias de desarrollo implementadas en nuestras regiones se basan esencialmente en las dimensiones geopolíticas y económicas. En materia cultural, las expresiones musicales, cinematográficas, pictóricas o corporales son más valoradas. La literatura se mantiene rezagada aun cuando es necesario saludar, y conceder todo el valor que merece, a los esfuerzos hechos por Cuba y su institución Casas de Las América, así como por múltiples editoriales del Caribe y América Latina para promover obras producidas en estas regiones.

El Congreso de escritores del Caribe es portador de esta visión y está motivado por esta misión educativa. Desde la primera edición, ha permitido un fructífero trabajo de inventario en torno a 4 mesas trabajo:

• La literatura caribeña, situación actual, problemáticas y perspectivas, 2008.
• Circunstancias, condiciones y desafíos de la creación literaria en el Caribe, 2011.
• Una epopeya colectiva; los combates de libertad, 2013.
• Viajes, Migraciones, Diásporas en las literaturas caribeñas, 2015.

De esta manera, esta quinta edición del Congreso abre una nueva era en la que se abrirá un espacio para el diálogo de las escrituras de los creadores de nuestra cuenca caribeña y del continente americano. El libro, las artes de la performance, artes visuales y las expresiones musicales son soportes para descifrar la complejidad mientras que estimula lo imaginario. Producen sentido y conocimiento del mundo.

El Congreso tendrá que ser cada vez más un lugar de expresión espontánea de la palabra viva de los escritores. Espacio donde cada uno podrá explicar cómo fecunda las emociones insertándose en los nuevos patrones de escucha y de recepción de nuestras poblaciones, especialmente las generaciones venideras. Esquemas doblemente divididos entre una inquietante búsqueda de identidad y la tendencia al confinamiento sobre un mismo local en un mundo donde las puertas están cada vez más abiertas.

El Caribe se escribe en su multiplicidad y sus literaturas ofrecen opciones estéticas y relaciones con lo real que necesitan poner en diálogo tanto en sus búsquedas de lo absoluto y su relación con las urgencias del momento.

Si la literatura tiene básicamente un carácter universal, se caracteriza, sin embargo, por la variedad de matices de los términos de referencia para los escritores. ¿Cuáles son los placeres proporcionados por el acto de escribir sobre su región natal, en este caso la isla caribeña y continental? ¿Y para decir qué al lector de aquí y de allá? Temas que sirven de base a los desafíos que deben enfrentar la pluma de los autores caribeños.

Durante esta fiesta dedicada al diálogo de las escrituras, ésta será la temática central del congreso. Permitirá interrogarse sobre la motivación de la opción para escribir sobre el Caribe, con otras palabras, sobre este enfoque de desarrollo del deseo. ¿Acaso es una obligación? ¿El autor puede emanciparse de lo imaginario o del verdadero fertilizante Caribeño para dirigirse al mundo? ¿Cuál podría ser la receptividad del público ante tal desafío?

 

Hommage à Derek Walcott

Derek Walcott

Par Earl Lovelace
traduit de l'anglais par Annick Benjamin et Ronald Selbonne


une œuvre en cours

Dans ces îles où pour s’accomplir il fallait fuir (une fuite par laquelle le fuyard confirme en quelque sorte la damnation de l’espace), peut-être que le plus grand cadeau que nous a fait Derek Walcott a été de ne pas partir et de faire d’ici un foyer. Tout cela sans avoir à utiliser ses propres dons et talents comme des attrape-mouches afin d’attirer et d’exploiter la médiocrité ambiante nourrie par la peur du changement, mais en exigeant, avec force, de l’espace la loyauté et l'attention à l’effort pouvant produire le désir ardent de construire un lieu où ceux qui sont partis envisageraient le moment venu, en toute conscience, de revenir ; un espace suffisamment signifiant pour que Chabin puisse, le moment venu, avoir bien plus qu’une plage à laisser derrière lui.

The Theatre Workshop (L'Atelier de théâtre) fut une démonstration si concrète de ce combat et de ce triomphe, que plus de cinquante ans plus tard, il reste un symbole de la grandeur de ses meilleurs jours où comme une détermination sans faille, l’ambition fut façonnée jusqu’à une dimension gérable . À la périphérie de la ville.

J’ai connu Walcott jeune, à l'époque où il rugissait dans cette ville et menait une troupe d'acteurs de bar à bar crachant au visage de chacun que le noir est blanc. L’homme, en dépit de son apparence, souvent intimidante, était doté d’un esprit pétillant et vivace, toujours prêt à sortir une plaisanterie cocasse dont il avait le secret. Il était très drôle, un pince sans rire.

En tant que metteur en scène et tête de proue, il exigeait de sa troupe la stricte ponctualité et la ferme discipline qu'il s’imposait à lui-même.

Trinidad a eu la chance de l'avoir à ce moment-là, quand il était Chabin de Sainte-Lucie, sans moussache au soleil, n'appartenant à aucun club, sans avoir besoin d’adopter la rage des autres, libre d’incarner sa propre vision, de se faire ses propres ennemis et de se choisir ses propres amis. Il devint une présence ici, un pilier longtemps avant les tours jumelles ou les immenses centres commerciaux ; et les jeunes poètes se rendaient chez lui à Petit Valley comme en pèlerinage, cherchant asile à son ombre. Et là, nous devons avoir une pensée pour Margaret dont nous sommes encore redevables.

Il y a deux choses qui pour moi ressortent de Walcott. C'était un homme fidèle à ses vérités, quelqu’un qui avait la confiance, l'audace, la confiance en soi pour tester toute nouvelle idée qui surgissait dans l'espace, d'abord en la rejetant, puis en l'essayant pour tester sa justesse, comme s'il lui fallait d’abord expérimenter l'inconfort d'un certain positionnement, le ressentir avant de pouvoir le juger.

Il est allé aussi loin que n’importe quel autre écrivain caribéén dans la volonté de dire la vérité sur lui-même, sur ses motivations, sur ses querelles avec ses pairs, ses déceptions. Il a critiqué à diverses époques le mouvement du Black Power, la vieille garde politique et les nouveaux leaders du peuple, les suivistes, leur ignorance. Il était pour Naipaul et contre Naipaul. Il devint le « Nèg a po klè », chabin, Lestrade, Ti-Jean, Crusoé et Vendredi. Il était personnellement Warwickshire et Ashanti. Chaque recueil de poésie incarnait un événement, une autre phase, un autre entendement intérieur. Chaque pièce éclairait un autre recoin.

A la fin, ses admirateurs l'embrassèrent non pas parce qu'ils pouvaient le suivre dans son cheminement, ou « entrer en lyannaj » avec ce qu'il disait, mais parce que d'une certaine manière il avait tout été, tout vécu. Et c'est ce qu'il est demeuré, une œuvre en cours, produite par son propre talent, son génie et son amour, tel un « moun a mas » déguisé différemment à chaque carnaval. Testant et fignolant en permanence. C'était quelqu'un qui était digne de notre respect.

Mais s'il y avait de la passion - et c'est une autre facette de Walcott - il n'y a jamais eu de mépris. C’était de l’amour. Walcott aimait ses îles et ses gens.

En fin de compte, il finit par voir que nous étions aussi bons que n’importe qui.

Bien qu'il se soit battu pour être reconnu, pour être validé à chaque virage il avait acquis la confiance intérieure lui permettant de se sentir comme un petit garçon sur une île, guidé par l'amour, béni par l'obscurité, chérissant notre insignifiance.

Sa présence parmi nous fut une bénédiction.

Bon voyage Derek.

 

Hommage à Derek Walcott par le bureau de l’association des écrivains de la Caraïbe

La Guadeloupe, par l’intermédiaire du Conseil régional et de l’Association des écrivains de la Caraïbe, a eu l’insigne honneur de recevoir, en 2008, Derek Walcott, qui vient de nous quitter.
Il a été l’invité d’honneur du premier Congrès des écrivains de la Caraïbe, organisé en Guadeloupe en 2008. Ce prix Nobel de Littérature en 1992, ce voisin sainte-lucien, a éclairé, par la fulgurance de sa pensée et de ses multiples écrits, la première édition du Congrès. Il put faire part aux invités de ses analyses pointues, parfois décapantes sur la thématique retenue : « La littérature caribéenne, état des lieux, problématiques et perspectives ».
Poète, dramaturge, enseignant, il était un curieux et créatif passeur de savoir ; un défenseur acharné de la Caraïbe, de sa diversité et de ses apports au savoir universel. Les œuvres littéraires, poétiques et théâtrales d’expression francophone étaient des fréquentations fraternelles pour cet érudit.
Puissent son œuvre, sa rigueur et la profondeur de sa pensée, continuer à éclairer les pas de l’Association des écrivains de la Caraïbe !

Le bureau de l’association des écrivains de la Caraïbe

 

WORDS

For Derek – in memoriam

 

You; it is always you from the beginning,
a canoe full of words, a quiver of verbs;
a bailer in the stern un-nerved by language,
flowing how Troumassee once flowed from your heart
seaward; calabash displacing bilge
in a rhythmical flood like  discarded lines
from a poem, not just because they are not
beautiful, but since they cannot fit.

I never told you how I have found solace
in your themes; an inner peace, even in grief.
Let me do so before it’s too late for you
to understand this prodigal returning
to say thanks, Maestro, with a net of words cast
along a beach, hoping for sprats... without you,
‘the might-have-been may never have been birthed.’

Without you, there may never have been Robert,
Kendel, maybe Jane; Goddard, or Adrian,
or Luciens’ gift – Vladimir, listed here
in order of birth, not fame; and countless more.
I may never have written one drivelling line
had I not  stumbled on 25 Poems
on a dark shelf waiting for the touch of light.

Without you, with tiller in hand to steer us
clear of yawning cliffs, with their jaws ajar,
welcomes debates about floundered lines; on coasts
that bear the scars of many wrecks; where words snap
at words, never to see sunrise or sunset
as they should be seen — imagined  like the green
flash raving it’s iridescent light briefly over
a cobalt sea that only you can see now.

The sea follows Odysseus, outward bound,
spreading his net of words everywhere: New York,
Jamaica, Grenada, Trinidad, Boston,
trawling, trudging, trawling, different lights, trawling;
neon, phosphorescent, thinning with the smog
of cities, jacketed in pale gray, hauling
like commerce, light up and down main streets, Sharpening
metaphor meant for one poem but follows
them all like a theme throughout.

After so many, many years, you return
to your island; you never left. Your canoe
appears at dusk; gauges the distance between
islet and bay, a Cyclops, eye in the hold,
with your catch; never forgetting manchineel
stings when rain. Gauguin came, in watercolours,
preserved your villages, so you could find them
intact like the morning you left, before he
himself left for Tahiti.

Women flock to the bay on pilgrimages
for fish. The bay that could be Roseau, Dennery,
or Gros Islet. They hear you come back for good;
remembering bottle green eyes, weak kneed, they sink
in sand. News of Odysseus returning
is blown on conch shell horns, Afa, Augistin,
even soft spoken Hounakin, who never
bothered with race once food reach on the table
and their children eat, come too. ‘Poopa da was fete...’

We will always celebrate in your words,
the same gift you gave freely like parts of speech —
incantations; alliterations; lines —
Similes grow in ink from your penless nib...
Why suddenly have all the metaphors gone
scarce, they are all in your net, there is no fresh
crop, except those that come by sea in a conch’s
echo and murmur like cockles retreating
under the sand defiant to the tide’s pull –

You have been the yardstick by which we measure
gabardine to make our suits for  christenings,
first communions, weddings, even death... Leave us
to dismantle the hieroglyphics, if we can...

Your ‘Adamic task,’ the harvesting of sound
began when the sea crab burst through sand, pincers
alert, pecking at familiar things: mango
skin, pomegranate seeds, and – forget the and,
the list is too long to repeat. You join worlds
together with less. Greece is not a nation
in the Aegean, but the Caribbean
sea. The earth shakes continuously dreaming
of cataclysms worlds apart, lines misplaced
in time  with text and history, present assumes
its proper place – words soliciting other words.

Still I never told you how much I have learnt
about the world, repeating your lines — should I?
But your task is not yet done; it just begin -

DIXON Mac Donald

 

From LINE: for Derek Walcott

© John Robert Lee

Derek Walcott

“to every line there is a time and a season.” (DW)

When have I not measured this land by your lines?

When have I not tracked blue-smoke pits to their river-stone roots by your metaphor?

When have I not walked, Walcott, by your fire-scorched love, through uptown lanes

 

of old Castries, strolled the revolving corners of Chaussée, Coral, Broglie, Victoria?

You leave us your covenants with the everlasting fretworked eaves

of Riverside Road, gommier canots and their men from Dauphin to Vieux Fort,

 

the epiphanic groves of Mon Repos, the stone chapel of Rivière Dorée, the turning

leaves’

whispering of Methodist hymnals on Chisel Street.

It’s what’s left, at the end of the line (I imagine you insisting) that scans our lives,

marks our season’s faith, and amortizes all indentured loans.

 

(Photo of Walcott on his 80th birthday by J R Lee).

 
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